
Devant le Carrefour de Chalezeule, ce week-end, une dizaine de bénévoles de l’antenne bisontine de l’association L214 ont déployé un ticket de caisse géant et symbolique de 12 mètres de long. Mais s’il avait dû citer tous les animaux tués quotidiennement pour l’enseigne, il aurait dû faire 12 kilomètres ! Ce chiffre colossal, 330 000 animaux tués par jour, interpelle sur le rythme effréné dans lequel notre société tue et consomme des individus qui, pour la majorité, ont vécu dans des élevages intensifs. Les animaux aquatiques, quant à eux, se compteraient en centaines de millions, un chiffre si grand qu’il devient difficile à concevoir.
Et pourtant, comme le souligne L214, plus de 8 français.e.s sur 10 rejettent l’élevage intensif !
Dans son programme Act for food, Carrefour affirme sa volonté de devenir l’un des leaders mondiaux de la transition alimentaire. Et parmi ses engagements, le premier chapitre de ce programme renchérit en faisant de Carrefour l’un des “pionnier du bien-être animal”. Difficile pourtant de ne pas voir la différence entre un discours marketing et une véritable application de ces valeurs …
En effet, dans sa campagne en plein milieu du Black Friday, L214 présentait une nouvelle enquête réalisée dans deux élevages porcins situés dans les Côtes d’Armor qui fournissent la Filière Qualité de Carrefour. Plus de 8 000 animaux ont été découverts dans des conditions de vie déplorables ; les images, insoutenables, montrent des cochons blessés, dont certains à l’agonie, d’autres morts parmi leurs congénères. Bloqués dans une intense promiscuité, les cochons n’ont pas accès au plein air et les truies vivent la moitié de leur vie dans des cages. Sur les images il y a même des cafards qui vivent en grand nombre au milieu des cochons, au risque de transporter des pathogènes dangereux pour la santé. Telle est la conception de la Filière Qualité chez Carrefour visiblement …
Et ce n’est pas un cas isolé puisque cet élevage appartenait au président de la Cooperl, leader de l’industrie porcine en France, Bernard Rouxel.
Une plainte a été déposée par l’association pour mauvais traitements infligés aux animaux contre ces élevages et pour pratiques commerciales trompeuses contre Carrefour. Et, par ses actions portées dans toute la France, elle a aussi proposé à Carrefour d’assumer ses propres engagements par une mise en pratique : s’engager sur la nouvelle charte du Plant Protein Pact.
Le Plant Protein Pact permettrait, selon L214, de faire évoluer les pratiques commerciales de la grande distribution en réduisant la part de protéines animales de ses rayonnages pour redonner une meilleure visibilité aux protéines végétales. Celles-ci devraient atteindre 60% des ventes d’ici 2030 et réduire drastiquement la présence des produits issus des élevages intensifs.
A Besançon, les client.e.s de Carrefour ont été particulièrement sensibles à cette cause et notamment aux conditions de vie et d’abattage des animaux. Iels pouvaient déposer de petits coupons de réduction à l’entrée du magasin rappelant la demande du jour : -50% d’animaux tués. Les porte-paroles de l’association ont été reçues par un responsable du magasin qui a accepté de recevoir le ticket de caisse géant et qui s’est trouvé sensible au discours porté par celles-ci. L’association espère désormais un engagement concret provenant du national.
Cette action effectuée pour le Black Friday, à l’heure ou toustes se ruent dans les magasins pour profiter des promotions, est aussi l’occasion de nous interroger sur le rythme effréné de notre consommation et son impact sur les animaux et sur notre planète.
> Pour signer la Pétition, c’est par ici ! N’hésitez pas à commander vos petites enveloppes de décorations militantes gratuites à déposer dans les Carrefour
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Amandine Moity



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