
Face à cela, les habitant⋅e⋅s et sympathisant⋅e⋅s se sont retrouvé⋅es pour une action naturaliste. Équipé⋅e⋅s de faux, râteaux et faucilles, ils et elles ont entretenu les zones considérées par RWE comme dégradées et pauvres écologiquement. Or l’inventaire de RWE est incomplet, ce milieu abrite déjà une faune et flore diverses et remarquables.

Grâce à l’action, il sera encore plus accueillant. Cela peut autant favoriser la croissance d’orchidées protégées - telle que la délicate Spiranthe d’automne, bien présente sur le site mais non recensée par le bureau d’étude chargé des inventaires naturalistes par RWE - que de faire s’exprimer des espèces encore non connues sur le site. Et l’état initial du site ayant évolué, un inventaire complémentaire sera nécessaire. Puisqu’il faudrait des espèces protégées pour défendre les parcours communaux contre les projets d’implantation de parc photovoltaïque, ouvrons leur la voie !

Les participant.es à cette mobilisation ont pu (re)découvrir ces pelouses sèches lors de déambulations naturalistes sur les traces du muscardin. Mais d’abord, ils et elles ont pu se restaurer grâce à la cantine militante le midi, puis ont acquis des bases d’écologie et chanté avec la chorale militante de Lons qui a créé un chant pour l’occasion. En effet, d’autres collectifs de luttes locales s’allient au combat de Cressia, et des réseaux de résistance se tissent sur le territoire pour défendre les espaces naturels menacés. Ainsi, en fin de journée, les collectifs de citoyens en lutte contre des projets de parcs photovoltaïques (Cressia, Pimorin, Gizia, Saint Amour...) se sont réunis à la salle communale en vue de fédérer leurs actions pour la préservation de nos espaces naturels jurassiens.

En pleine enquête publique, alors que la mairie n’a tenu aucun compte d’un sondage réalisé par le collectif auprès des habitant⋅e⋅s (70% d’avis défavorables) et avait refusé au collectif l’accès aux documents du permis, la mobilisation se poursuit pour sauvegarder ces terres communales. L’analyse de ces documents a déjà permis de révéler que la commune s’engageait pour 50 ans et pas les 30 ans annoncés jusque-là, que la surface déboisée et débroussaillée sera de plus de 13 hectares et pas seulement des 6,4 hectares annoncés, et que les fondations des panneaux seront coulées dans des fosses de béton et non vissées, ce qui rend impossible la remise en état du site.

Ici comme ailleurs, le Jura est en proie au développement de projets photovoltaïques au sol. Pourtant, les surfaces déjà artificialisées ne manquent pas pour répondre aux besoins énergétiques sans dégrader de nouveaux sites naturels. Ce combat avait déjà été mis en avant lors des précédentes manifestations de "la Forêt Gronde" à Loulle et Mont sur Monnet. Alors qu’une réelle réflexion démocratique est souhaitée sur les besoins énergétiques et la manière la plus adaptée d’y répondre collectivement, l’enquête publique pour le projet de RWE à Cressia est en cours pour récolter les avis des citoyens et des citoyennes. L’enquête publique prendra fin le 25 février.
Nous ne sommes pas dupes, ce n’est pas une concertation, l’objectif est de faire accepter ce projet à la population. Malgré cela, nous invitons le plus grand nombre à contribuer. Et nous redemandons à la commune d’abandonner le projet, tant qu’il est encore temps !


Compléments d'info à l'article
Proposer un complément d'info